Imprimer cette page

  • La Gentiane, Club Montagnard Féminin
  • Identification

  • Type d'entité
    Collectivité
  • Forme(s) autorisée(s) du nom
    La Gentiane, Club Montagnard Féminin
  • Autre(s) forme(s) du nom
    La Gentiane
    La Gentiane C.M.F (1939 - 1987)
    La Gentiane, Société de montagne-dames (1934 - 1939)
    La Gentiane, section de montagne Dames de l'Association des Commis de Genève (1931 - 1934)
    Les Commis Montagnards, section de montagne mixte de l'Association des Commis de Genève (1928 - 1931)

  • Description

  • Dates d'existence
    1931-1987 ?
  • Histoire

    Les Commis Montagnards, section montagnarde mixte de l'Association des Commis de Genève, sont créés le 28 mars 1928, à l'initiative de Robert Yersin et de quelques membres de l'association, parmi lesquels Gil Knodel, Raymonde Aeschbach-Demolis et Marthe Kaiser. Leur nom, considéré comme un peu trop « marqué professionnellement », est rebaptisé « La Gentiane » en mars 1931, sur proposition de Raymonde Aeschbach-Demolis, appellation jugée plus appropriée pour une section mixte au sein de laquelle les femmes sont majoritaires.

    Les aptitudes techniques et sportives de ces dernières sont rapidement remises en question par les messieurs lors de courses difficiles. Ceux-ci, « soucieux de ne pas freiner le recrutement de nouveaux membres », proposent la séparation des réunions et des courses, les femmes pouvant toutefois continuer de jouir du chalet de la Naz, loué à Arâches-la-Frasse, en Haute-Savoie.

    Le 15 octobre 1931, dix-huit dames « devenues indésirables en courses mixtes et désireuses de se rendre indépendantes », créent leur propre section « La Gentiane, section de montagne Dames de l'Association des Commis de Genève », présidée par Yvonne Peter. Tous les biens de la section mixte sont alors rigoureusement répartis entre les dames et les messieurs.

    Dès sa création en 1931, La Gentiane Dames est très active : courses de montagne, concours de ski, marches en plaine se succèdent à un rythme soutenu. Une chorale est créée, de grandes soirées annuelles avec tombola, bal et spectacle -auxquelles assiste le comité de l'Association des Commis- sont organisées afin de récolter des fonds et de recruter de nouveaux membres. Ces dames n'hésitent d'ailleurs pas à solliciter les commerçants genevois afin de garnir les planches de prix. Des conférences et des projections de diapositives ou de films viennent agrémenter les soirées récréatives, plus généralement consacrées à la lecture, au chant et aux causeries. Les dons des membres permettent l'acquisition d'ouvrages sur le monde alpin et la constitution d'une petite bibliothèque. La section se structure : une commission du chalet, une commission de la soirée et une commission pour l'organisation du concours de ski voient le jour. Les assemblées administratives et les réunions amicales mensuelles rythment la vie du Club.

    En automne 1933, une dispute éclate entre quelques membres à propos de l'occupation du chalet lors d'un week-end. Cette dispute se transforme rapidement en conflit. L'Association des Commis de Genève -n'appréciant guère la tournure que prend l'affaire- décide de supprimer purement et simplement sa section féminine de montagne. Le 13 avril 1934, les dames décident de modifier les statuts de leur association, de l'enregistrer auprès du Registre du commerce et de se rendre ainsi définitivement indépendante de l'Association des Commis. Durant de nombreuses années, la section Messieurs revendiquera, en vain, l'utilisation du nom Gentiane et l'insigne du Club pour son seul usage.

    Empêchée de se réunir dans les locaux de l'Association des Commis de Genève au 14, rue Malatrex, la société sous-loue d'abord ceux que le Comité de l'Evangélisation populaire loue à la Salle centrale, place de la Madeleine 10 et ce, jusqu'en 1947, avant de tenir ses séances au 3, rue du Général-Dufour, dans les locaux des Unions chrétiennes de Jeunes Gens, jusqu'en 1970, puis dans une salle de la Taverne de la Madeleine, à la rue Toutes-Ames.

    Tout Club de montagne digne de ce nom se devant d'offrir à ses membres la jouissance d'un chalet ou d'une cabane, La Gentiane n'échappe pas à la règle. Le 27 décembre 1931, deux mois à peine après leur séparation d'avec les messieurs, les dames inaugurent leur premier chalet, le « Four », à Arâches-la-Frasse, en Haute-Savoie. L'état de ce dernier laissant à désirer, sa location est abandonnée en 1932, au profit du chalet de Hauteville, surnommé « Bellevue », jugé plus confortable et situé dans la même commune. Cependant, les membres en profitent peu : les frontières sont fermées entre 1939 et 1945, les laissez-passer difficiles à obtenir dans l'immédiat après-guerre et le matériel du chalet, prêté pendant la guerre à une association s'occupant d'enfants, les Petits lits roses, peine à être récupéré. Bellevue sera à son tour délaissé pour le chalet du Chesnet à Orange, situé à deux heures de marche de la Roche-sur-Foron, chalet que La Gentiane louera durant trente ans, de 1948 à 1978, en y apportant un certain nombre d'aménagements. C'est dans ce dernier que seront organisés, durant de nombreuses années, les Noël des membres et ceux des enfants du village d'Orange.

    En 1934, La Gentiane Dames compte vingt-sept sociétaires. Dès 1935, une modification apportée aux statuts prévoit la création d'une nouvelle catégorie de membres : les amis visitants. Ces derniers ont droit aux montées au chalet et à leur participation à certaines courses. Cet arrangement permet d'augmenter le nombre de clubistes et de fournir des fonds pour la location et l'entretien du chalet. Cette année-là, la Gentiane Dames compte vingt-cinq membres actifs et quinze amis visitants, pour un total de quarante sociétaires.

    Durant la seconde moitié des années 1930 et les années 1940, l'effectif varie peu, malgré la guerre qui marque l'arrêt des activités du Club en France voisine. Les courses ont désormais lieu en Suisse : dans le Jura, les Préalpes vaudoises et fribourgeoises, en Valais et dans l'Oberland. Elles ne font pas le plein et le coût des transports est bien souvent jugé exorbitant. Les membres privilégient le ski, les promenades dans le canton et les balades à vélo. Les finances sont en baisse et pour faire des économies, les réunions au local sont limitées à deux par mois : une séance administrative et une réunion amicale. Les Gentianes participent à l'effort de guerre en tricotant pour les soldats mobilisés.

    Dès 1948, la location du chalet Chesnet relance les activités alpines de la société en France voisine. Les sommets environnants (la pointe de Sur Cou, la Roche Parnal, la Montagne de Sous-Dine) sont propices aux entraînements sportifs des Gentianes. Les courses, qui rappellent l'avant-guerre, s'étendent vers le Praz de Lys, le Pic du Marcelly, le Roc d'Enfer, la Pointe d'Orchez, la Pointe d'Areu. En 1953, la société compte vingt-huit membres actifs et trente amis visitants.

    A partir de 1954, la commission des courses, créée en 1950, élabore un programme chargé : désormais les Gentianes vont en montagne tous les dimanches et le dernier dimanche du mois est réservé à la montée officielle au chalet. Les années 1955 à 1965 correspondent à l'âge d'or du Club : les courses, les fêtes de Noël, de l'Escalade, des Rois, les sorties surprises l'été, les soirées et repas traditionnels l'hiver font son succès, à tel point qu'il compte quatre-vingt-deux sociétaires en 1958, effectif qui va progressivement diminuer les années suivantes : soixante-huit en 1964, cinquante-quatre en 1975 et trente-neuf en 1982, membres d'honneur compris.

    Durant les premières décennies de la vie de la société, les courses en moyenne montagne, et en haute montagne pour quelques membres très bien entraînées, ont été privilégiées. Cependant, l'âge des Gentianes aidant, des courses en car sont organisées dans les années 1960 pour permettre à celles que l'on surnomme les « confortables » de se joindre aux « grimpeuses ». Dès 1970, Noël n'est plus fêté au chalet -devenu difficilement accessible pour certaines- mais dans la salle de la Paroisse protestante de Troinex. La location du chalet Chesnet, qui n'est plus guère fréquenté, prend fin en 1978. Alors que les « grimpeuses » continuent de parcourir le Jura, le Salève, la Haute-Savoie, le Valais et le Tessin, les « confortables » se promènent désormais en plaine.

    Dans les années 1980, de nombreuses Gentianes, octogénaires, fêtent leur cinquantenaire de sociétariat et bon nombre d'entre elles participent encore aux excursions prévues. Les programmes proposent une cinquantaine de sorties par année, majoritairement dans le canton : les bords de l'Arve, les bords de l'Aïre, le Bois de la Bâtie, le Signal de Bernex, Carre d'Aval, le pied du Salève et, en été, Saint-Cergue et le Mollendruz. Un rapport de la Commission des courses 1986-1987, présenté à l'Assemblée générale du 5 novembre 1987, fait état de la participation de quatorze membres actifs à quarante-quatre courses, sur une trentaine de sociétaires, soit une moyenne de trois à quatre membres par course organisée.

    N'ayant pas su ou pu attirer de jeunes sociétaires, il semble cependant que le Club n'ait pas survécu aux années 1990 et qu'il ait cessé toute activité.

  • Zones géographiques
    Genève
    Rue Malatrex 14 (1931-1934)
    Place de la Madeleine 10 (1934-1947)
    Rue du Général-Dufour 3 (1948-1970)
    Rue Toutes-Ames 20 (1970- ?)
  • Statut juridique
    Association au sens des articles 60 et suivants du Code civil suisse
  • Fonctions et activités

    Dans les statuts de la Gentiane figure en bonne place l'objectif du Club qui est de « développer chez ses membres le goût de l'alpinisme ». Parmi les nombreuses activités de la Gentiane, les courses en montagne occupent donc une place importante : courses d'été bien sûr, mais également courses d'hiver à ski. Les concours de ski sont d'ailleurs très prisés et organisés chaque année dans les années 1930.

    Les montées au chalet comptent également beaucoup dans la vie du Club : les journées d'ouverture et de fermeture du chalet qui marquent le début et la fin de la saison, les travaux d'aménagement et d'embellissement, les week-ends d'excursions, les repas et les fêtes qui y sont donnés rythment la vie de la Gentiane durant des décennies et permettent aux membres actifs et aux amis visitants de se retrouver et de partager d'autres activités que les courses.

    L'organisation du Noël des enfants du village d'Orange est également l'occasion de créer des liens avec les habitants de la région.

    Tout comme les balades et les piques-niques dans le canton l'été ou les soirées récréatives, durant lesquelles les membres assistent à des conférences ou à des projections, les rencontres amicales au local permettent de resserrer les liens entre les membres autour de lectures, de chants, de soirées tricot ou de goûters partagés.

  • Textes de référence

    Statuts des Commis Montagnards de 1928

    Statuts de 1931, modifiés en 1934, 1935 et 1937

    Statuts de 1964, modifiés en 1972 et 1976

    Règlement des courses de 1937

    Règlement du chalet de 1938

  • Organisation interne

    La structure et le fonctionnement général de la société sont définis dans les statuts. La société est composée de plusieurs organes : un comité, une assemblée générale, des vérificatrices des comptes, ainsi que des commissions.

    La direction et l'administration de la société sont confiées à un comité de cinq membres, soit une présidente, une vice-présidente, une secrétaire, une trésorière et un membre adjoint.

    Le comité est élu chaque année à la simple majorité des membres présents à l'assemblée générale annuelle ; la présidente est nommée par ladite assemblée ; les autres membres se répartissent les fonctions. Les deux vérificatrices des comptes sont également nommées chaque année par l'assemblée générale annuelle et sont choisies parmi les membres actifs de la société, hors comité. Elles examinent la comptabilité de l'ensemble des activités de la société et vérifient que les comptes soient dressés conformément aux normes en vigueur.

    Le comité se réunit à chaque fois que l'intérêt de la société l'exige. Il en assure la bonne marche et peut désigner, en dehors de son sein, des commissions chargées chacune d'une activité spéciale. Le comité nomme la présidente de la commission, en fixe le nombre de membres et définit le travail à exécuter. La présidente choisit ses membres, dont l'une doit faire partie du comité. Les commissions soumettent leurs projets à l'assemblée administrative mensuelle pour ratification après avoir obtenu l'approbation du comité

    Il est prévu une assemblée administrative mensuelle, le premier jeudi du mois, au cours de laquelle le comité fait un bref rapport sur la marche de la société et soumet ses décisions à la ratification de l'assemblée. Il est également prévu une réunion amicale mensuelle, le troisième jeudi du mois.

    Une assemblée générale annuelle est obligatoire -elle a lieu en octobre- avec l'ordre du jour suivant : rapport de la présidente, de la trésorière et des vérificatrices des comptes. Nomination de la présidente, du comité et des vérificatrices des comptes, fixation du mode de répartition de la subvention, adoption de la liste des courses. Le comité fixe chaque année la liste des courses d'entente avec les chefs de courses. Il est établi un règlement des courses pour l'organisation de celles-ci et un règlement du chalet.


  • Contrôle de la description

  • Code d'identification
    CH.AVG.GCMFISAAR
  • Code d'identification du service
    CH-001140-3 Archives de la Ville de Genève
  • Règles et conventions
    Notice établie conformément à la norme internationale sur les notices d'autorité utilisées pour les archives relatives aux collectivités, aux personnes ou aux familles (2e édition, 2004) (ISAAR(CPF))
    Forme autorisée du nom établie par les Archives de la Ville (AVG)
  • Date de création, de révision ou de destruction
    Mars 2017. Création : Valérie Schaedler
  • Langue et écriture
    Français (Suisse)
  • Sources
    LE COMTE, Elodie, « Citadins au sommet : l'alpinisme genevois (1865-1970) : un siècle d'histoire culturelle et sportive », Genève : Slatkine, 2008.
    MULLER, Benoît, « Les femmes et les Alpes, recherche sur l'admission des femmes au Club alpin suisse : le cas genevois et la solution suisse », mémoire de licence, faculté des lettres, Université de Genève, 1984.
    OTTOGALLI-MAZZACAVALLO, Cécile, « Femmes et alpinisme : un genre de compromis (1786-1914) », Paris : L'Harmattan, 2006.
    OTTOGALLI-MAZZACAVALLO, Cécile, « Femmes et alpinisme au Club Alpin Français à l'aube du xxe siècle : une rencontre atypique ? », in Staps Revue internationale des sciences du sport et de l'éducation physique [en ligne], 2004/4, no 66. http://www.cairn.info/revue-staps-2004-4-page-25.htm (consulté le 16.02.2017).
    OTTOGALLI-MAZZACAVALLO, Cécile, « Des femmes à la conquête des sommets : Genre et Alpinisme (1874-1919) », in Clio [en ligne], 2006, n°23. https://clio.revues.org/1896 (consulté le 16.02.2017).
    ARCHIVES DE LA VIE PRIVEE, « Site des archives de la vie privée » [en ligne], http://www.archivesdelavieprivee.ch/09/02/009full002.html (consulté le 16.02.2017).
    CLUB ALPIN SUISSE, « Site du Club alpin suisse » [en ligne], http://www.cas-diablerets.ch/pdfs/archives_histoire_CSFA.pdf (consulté le 16.02.2017).
    FONDATION POUR LA SAUVEGARDE DU PATRIMOINE AUDIOVISUEL DE LA RADIO TELEVISION SUISSE (FONSART), « NotreHistoire.ch » [en ligne], http://www.notrehistoire.ch/medias/2103 (consulté le 16.02.2017).
    RADIO TELEVISION SUISSE (RTS), « Site de la Radio Télévision Suisse » [en ligne], https://www.rts.ch/archives/tv/information/un-jour-une-heure/3463634-l-alpinisme-au-feminin.html (consulté le 16.02.2017).

  • Ressource(s) documentaire(s)

  • Ressource documentaire 1
    La Gentiane, Club Montagnard Féminin
  • Cote
    CH AVG GCMF
  • Type de ressource associée

    Fonds d'archives

  • Nature de la relation
    Producteur
  • Dates des ressources associées
    1850-1987